Pourquoi j’avais besoin d’un endroit à moi
J’ai toujours eu un peu de mal à choisir une seule voie.
J’aime la mode, mais aussi la photographie. Les parfums, les images, les lieux, les objets, la beauté, la musique. Je peux passer beaucoup trop de temps à chercher une paire de chaussures et, le lendemain, avoir simplement envie de photographier une lumière sur un mur.
Pendant longtemps, j’ai surtout partagé tout cela par fragments. Une image ici, quelques mots ailleurs. Les réseaux sociaux sont merveilleux pour montrer des choses, mais j’avais envie d’un endroit où je puisse aussi prendre le temps de les raconter.
Un endroit qui ne disparaisse pas au rythme d’un fil d’actualité. Où je puisse écrire trois lignes ou trois pages, parler d’un vêtement, d’un parfum, d’un lieu ou de quelque chose qui m’a arrêtée quelques secondes, sans avoir à me demander comment cela s’insère dans le reste.
Je crois que c’est surtout de cela dont j’avais besoin.
D’un endroit à moi.
The Faded Lineage existait déjà, mais ce blog lui donne une autre dimension. Plus lente, probablement plus personnelle aussi.
Il y aura de la mode, bien sûr. De la beauté, des images, des lieux, des voyages et certainement quelques obsessions passagères. Des choses très réfléchies et d’autres beaucoup moins.
Je ne sais pas encore exactement ce que cet espace deviendra, et c’est peut-être ce qui me plaît le plus. Cette sensation de liberté.
Pour une fois, je n’ai pas vraiment envie de décider à l’avance.
Mais tout ce qui se retrouvera ici aura au moins une chose en commun : j’aurai eu envie de le partager.
Et si vous êtes arrivés jusqu’ici, alors vous êtes les bienvenus.
Sixtine
La première image qui m’est venue lorsque j’ai imaginé The Faded Lineage était une vague.
Elle venait d’une photographie que j’avais prise de mon exemplaire des Vagues de Virginia Woolf. Sur la couverture de cette édition Folio apparaît un détail de La Vague à Diélette, peinte par Alphonse Osbert en 1890.
Je crois que cette image contenait déjà, sans que je sache encore vraiment le formuler, une grande partie de ce que je cherchais pour The Faded Lineage. Quelque chose qui apparaît, se transforme et finit par s’effacer. Une image qui existe un instant avant d’en devenir une autre.
Il y avait aussi ses couleurs : des bleus grisés, des verts sourds, des blancs presque usés. Des couleurs passées, comme si le temps avait déjà laissé quelque chose sur elles. C’est une palette vers laquelle je reviens instinctivement, et qui allait peu à peu devenir celle de The Faded Lineage.
Et puis il y avait cette idée de transmission, qui me plaisait : une peinture devenue couverture d’un livre, puis photographiée, recadrée, réinterprétée et finalement arrivée jusqu’ici. Une image qui porte encore la trace de ce qui l’a précédée, sans être tout à fait la même.
C’est probablement pour cela qu’elle est restée. The Faded Lineage n’a jamais vraiment été, pour moi, une histoire de choses parfaitement figées. Plutôt de ce que l’on garde, de ce qui s’efface, et de ce qui revient autrement.