C’est pourtant bien l’automne
Il y a quelques jours, j’écrivais ici même que l’air avait changé. J’étais ravie.
J’avais ressorti mes pulls. Mes bottines. Les bruns, les kakis, le daim. J’avais aussi sorti Rouge Noir avec la satisfaction assez particulière de quelqu’un qui considère que l’été a suffisamment duré. Bref, dans ma tête, l’automne était officiellement ouvert.
Hier matin, je me suis réveillée en été. Il a fait vingt-sept degrés en journée. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre-temps.
Apparemment, il s’agissait d’une remontée d’air chaud subtropical…
Me voilà donc avec mes articles sur les feuilles mortes, mes considérations sur la laine et mes bottines pendant que dehors, les gens cherchent encore une terrasse en Birkenstock.
J’avais même commencé à réfléchir aux matières d’automne. Jusqu’à dévier sur un article sur la personnalité des matières. Le velours. La flanelle. Le cuir. Excellente idée.
Du coup, j’étais là à transpirer dans mon lin froissé.
J’avais prévu un repas avec du potiron, des champignons à la crème et des petits lardons. Finalement, j’aurais mieux fait d’aller me chercher un melon.
Mais j’ai refusé.
Pour couper la poire en deux, ce qui aurait été plus approprié que le melon, finalement, je suis allée chercher des tomates cœur de bœuf. Encore.
J’ai également troqué mon énorme chapeau en fausse fourrure, beaucoup trop grand pour ma tête (mais que j’adore comme ça), contre une casquette. Il faut savoir reconnaître une défaite lorsqu’elle se présente. J’ai été beaucoup trop enthousiaste sur le coup.
Le matin, j’avais envie de laine et de bottines. À midi, je regrettais tous mes choix.
Finalement, personne ne sait comment s’habiller en septembre.
Psychologiquement, je suis déjà en octobre et il est trop tard pour me récupérer. Rouge Noir restera Rouge Noir.
La météo peut bien faire ce qu’elle veut. C’est pourtant bien l’automne.
Sixtine